CHB

Variabilite des virus des hepatites

Impact physiopathologique
de la variabilité des virus des hépatites

 

Equipe    Virus de l'Hépatite A     Virus de l'Hépatite B     Virus de l'Hépatite C     Publications

Equipe 

Responsable : Anne-Marie ROQUE-AFONSO, MCU-PH Faculté de Médecine Paris Sud

Teresa Maria ANTONINI, CCA Faculté de Médecine Paris Sud

Marie-Françoise BOURGEADE, CR1 INSERM

Delphine DESBOIS, AHU Faculté de Médecine Paris Sud, Doctorante (ED innovation thérapeutique, Paris XI)

Jean-Charles DUCLOS-VALLÉE, MCU-PH Faculté de Médecine Paris Sud

Guillaume FALLOT, Doctorant (ED physiologie et pathologie, Paris VII)

Michelle GIGOU, Assistant Ingénieur, Faculté de Médecine Paris Sud

Ahmad ISMAIL, Doctorant (ED innovation thérapeutique, Paris XI)

François RIMLINGER, Assistant Ingénieur, Institut Pasteur

Bruno ROCHE, PH AP-HP

Rodolphe SOBESKY, PH AP-HP

Mylène SEBAGH, PH AP-HP

Valérie THIERS, Ingénieur de Recherche, Institut Pasteur

 

Thématique de Recherche 

La variabilité génomique des virus des hépatites A, B, C et ses conséquences sur le diagnostic, l'épidémiologie, le traitement et la physiopathologie de ces infections, chez l'immunocompétent et l'immunodéprimé : transplanté hépatique et co-infecté VIH.

Cette thématique implique trois structures de Recherche :
  • L'unité INSERM 785 dirigée par Didier Samuel
  • Le Centre National de Référence de l'hépatite A dirigé par Elisabeth Dussaix
  • Le Centre National de Référence des hépatites B, D et Delta dirigé par Jean-Michel Pawlotsky (laboratoire associé)

Virus de l'hépatite A 

Les travaux sur le virus de l'hépatite A (VHA) s'inscrivent dans le cadre des missions du Centre National de Référence : amélioration des outils diagnostiques, création d'un observatoire de souches, investigation des cas groupés, étude des souches responsables d'hépatites fulminantes.

Nous avons montré la dissociation entre réplication virale et sévérité de l'hépatite, indiquant la prépondérance des mécanismes immunitaires dans la survenue de l'hépatite fulminante. En comparant des isolats responsables d'hépatite bénignes ou fulminantes appartenant aux 3 génotypes viraux, nous avons montré que l'hépatite fulminante n'était pas associée à des mutations de la région 5NC qui modifieraient l'efficacité traductionnelle de l'IRES.

L'observatoire nous a permis de montrer l'évolution rapide de la répartition des souches circulant en France. Certaines souches diffusent rapidement dans la population générale et peuvent donner lieu à un nombre important de cas groupés, d'autres ne sont isolées qu'exceptionnellement. Outre des facteurs épidémiologiques favorisant ou non leur diffusion, ces souches pourraient présenter des caractéristiques virologiques différentes.

Deux projets découlent de ces travaux : 

  • Etude des facteurs d'évolution de la diversité des souches isolées en France
  • Caractérisation génétique et épidémiologique d'un génotype à faible potentiel épidémique (IIA) et étude de sa capacité réplicative.

Virus de l'hépatite B  

Nos travaux sur le virus de l'hépatite B (VHB) s'articulent autour de problématiques cliniques, l'une étant la transplantation hépatique, l'autre, l'échappement thérapeutique.

Les pathologies liées aux VHB (hépatite fulminante, cirrhose et carcinome hépatocellulaire=CHC) sont devenues une excellente indication à la transplantation hépatique grâce à l'existence de prophylaxies efficaces qui réduisent le taux de récidive virale à 10-15%. Nous avons identifié les facteurs de risque de récidive : réplication virale détectable avant transplantation hépatique, prophylaxie par immunoglobulines (HBIG) seules, cirrhose et, chez les patients cirrhotiques, existence d'un carcinome hépatocellulaire.

L'ADN viral reste détectable dans le foie de sujets guéris (AgHBs-/anti-HBc+) et les greffons hépatiques de ces donneurs peuvent induire une hépatite B de novo particulièrement chez les receveurs naïfs pour le VHB. Des études cliniques nous permettent de déterminer la prophylaxie optimale.

Les échecs des prophylaxies sont souvent associés à des mutations dans la protéine d'enveloppe (AgHBs) dont certaines peuvent également entraîner une non détection par les tests sérologiques. Nous avons établi que la fréquence de ces variants antigéniques atteignait 25% en France. Elle augmente avec l'âge, reflet de la durée d'infection, et avec l'existence d'une résistance génotypique aux antiviraux lors de traitements prolongés et inefficaces. Le séquençage de la transcriptase inverse du VHB, cible des molécules antivirales, est réalisé en cas de réponse suboptimale au traitement antiviral (ADN VHB détectable après 6 mois de traitement) ou en cas d'échappement au traitement.

De cette activité découlent deux projets :

  • Caractérisation génétique et phénotypique de profils de résistance rares (rtL180M+rtA181V) apparus sous lamivudine chez deux patients d'origine africaine infectés par un génotype E
  • Epidémiologie, prévalence et caractérisation des mutants du VHB résistants aux antiviraux en Tunisie.

Virus de l'hépatite C 

Comme pour le VHB, les travaux sur le virus de l'hépatite C (VHC) s'articulent autour de problématiques cliniques telles que la recherche des facteurs associés à la sévérité de la maladie hépatique, en nous intéressant particulièrement à la nature quasiespèce du VHC, terme qui décrit la variabilité virale (le virus circule sous forme d'un mélange dynamique de variants viraux distincts).

Nous travaillons depuis de nombreuses années sur le tropisme extra-hépatique du VHC et sur les facteurs associés à la sévérité de la maladie. Les cellules mononucléées du sang et les sous-populations lymphocytaires hébergent des variants viraux distincts des variants sériques. Cette compartimentation implique essentiellement les lymphocytes B chez les sujets non infectés par le VIH. Elle est plus fréquente chez les patients transplantés et ceux contaminés par des transfusions multiples ou par toxicomanie. Dans près de 10% des cas, elle correspond à des co-infections occultes par des sous-types viraux non détectables dans le sérum. Nous n'avons pas retrouvé de lien entre l'existence d'une compartimentation et la sévérité de l'atteinte hépatique (activité ou fibrose) chez le sujet immunocompétent. En revanche une coinfection occulte par un génotype 2 ou 3 est associée à une réponse virologique au traitement par interféron pegylé et ribavirine, quelque soit le génotype circulant.

L'évolution de la maladie virale C est accélérée chez le sujet transplanté et chez le sujet VIH. Ces deux modèles cliniques permettent de rechercher les facteurs influençant l'histoire naturelle de l'infection.
L'immunodépression associée à l'infection VIH a une influence sur l'évolution et la richesse de la quasiespèce VHC et d'autres ont suggéré que les caractéristiques de la quasiespèce pouvaient influencer l'histoire naturelle de la maladie VHC. Nous avons montré que la restauration immunitaire, associée au traitement anti-VIH, s'accompagne d'une augmentation du titre d'anticorps neutralisants anti-VHC et de variations significatives de la quasiespèce virale. Cette augmentation de la diversité virale lors de la restauration immunitaire pourrait donc avoir un effet bénéfique sur la maladie hépatique. De manière générale, la réponse humorale neutralisante est corrélée au statut immunitaire : elle est nettement diminuée en cas de coinfection par le VIH mais également par la transplantation hépatique.

Après transplantation hépatique, les facteurs d'hôte apparaissent prédominants dans la sévérité de la récidive qui est plus grave chez les patients coinfectés par le VIH, malgré la conservation des fonctions immunologiques cellulaires. Chez le sujet VIH, les réponses cellulaires anti-VHC sont peu fréquentes et de faible intensité, mais peuvent persister après transplantation hépatique ; elles ne sont pas détectées en cas de récidive sévère. Cette dysfonction de l'immunité cellulaire anti VHC, comme le mauvais contrôle humoral de l'infection pourraient contribuer à la sévérité de l'hépatite C en cas d'infection VIH, avant comme après transplantation.

Nous avons fait l'hypothèse que l'atténuation des réponses immunes anti-VHC observée chez les sujets infectés par le VIH pouvait découler d'interactions entre les protéines virales et les voies de signalisation cellulaires dans les cellules immunes. En effet, notre unité a déjà montré dans un modèle hépatocytaire que la protéine Core du VHC pouvait interférer avec la signalisation du TGF-beta (Pavio oncogene 2005), cytokine impliquée à la fois dans la fibrogénèse et la régulation du système immunitaire.

De cette problématique découlent les projets suivants :

  • Variabilité de la protéine core, interférence avec la voie de signalisation TGF-beta, impact sur la sévérité de récidive virale après transplantation hépatique chez le sujet VIH
  • Charge virale intrahépatique, balance Th17/Treg et activation de TGF-beta in situ (foie), impact sur la sévérité de récidive virale après transplantation hépatique chez le sujet VIH
  • Charge virale lymphocytaire, balance Th17/Treg, TGF-β, impact sur la sévérité de la maladie chez le sujet VIH et sur la sévérité de la récidive après transplantation hépatique.

Publications 

Hépatite A

  • G Rezende, AM Roque-Afonso, D Samuel, M Gigou, E Nicand, V Ferré, E Dussaix, H Bismuth, C Féray. Viral and clinical factors associated with the fulminant course of hepatitis A infection. Hepatology 2003; 38: 613-8.
     
  • V Mackiewicz, E Dussaix, MF Le Petitcorps, AM Roque-Afonso. Detection of Hepatitis A Virus RNA in Saliva. J Clin Microbiol 2004; 42: 4329–31.
     
  • AM Roque-Afonso, L Grangeot-Keros, B Roquebert, D Desbois, JD Poveda, V Mackiewicz, E Dussaix. Diagnostic relevance of IgG avidity for Hepatitis A Virus. J Clin Microbiol 2004; 42 : 5121-4.
     
  • AM Roque-Afonso, V Mackiewicz, E Dussaix. Detection of Immunoglobulin M Antibody to Hepatitis A Virus in Patients without Acute Hepatitis A: The Usefulness of Specific Immunoglobulin G Avidity. Clin Infect Dis. 2006; 42:887-8.
     
  • D Desbois, AM Roque-Afonso, P Lebraud, E Dussaix. Use of dried serum spots for serological and molecular diagnosis of hepatitis A virus. J Clin Microbiol 2009; 47: 1536- 42.

Hépatite B

  • B Roche, C Féray, M Gigou, AM Roque-Afonso, JL Arulnaden, V Delvart, E Dussaix, C Guettier, H Bismuth, D Samuel. HBV DNA persistence 10 years after liver transplantation in spite of successful anti-HBs immunoprophylaxis. Hepatology 2003, 38:86-95.
     
  • T D Ly, A Servant-Delmas, S Bagot, S Gonzalo, MP Férey, A Ebel, E Dussaix, S Laperche, AM Roque-Afonso. Sensitivity of Four new Commercial Hepatitis B Surface Antigen (HBsAg) Assays to detect HbsAg Mutant Forms. J Clin Microbiol. 2006; 44:2321-6.
     
  • AM Roque-Afonso, MP Férey, TD Ly, A Graube, L Costa-Faria, D Samuel, E Dussaix. Viral and clinical factors associated with surface gene variants among hepatitis B virus carriers. Antivir Ther 2007; 12:1255-1263.
     
  • L Costa-Faria, M Gigou, AM Roque-Afonso, M Sebagh, B Roche, G Fallot, TCA Ferrari, C Guettier, E Dussaix, D Castaing, C Brechot, D Samuel. Hepatocellular carcinoma is associated with a higher risk of hepatitis B virus recurrence after liver transplantation. Gastroenterology 2008, 134: 1890-9.
     
  • Tateo M, Roque-Afonso AM, Antonini TM, Medja F, Lombes A, Jardel C, Teicher E, Sebagh M, Roche B, Castaing D, Samuel D, Duclos-Vallée JC. Long term follow up of liver transplanted HIV/HBV co-infected patients: Perfect control of HBV replication and absence of mitochondrial toxicity. AIDS 2009 in press.

Hépatite C

  • D Ducoulombier, AM Roque-Afonso, F Penin, R Kara, X Bing, M Gigou, Y Richard, E Dussaix, C Féray. Low selective pressure on hepatitis C virus variants compartmentalized in blood B cells and monocytes. Hepatology 2004; 10: 817-25.
     
  • AM Roque-Afonso, D Ducoulombier, G Di Liberto, R Kara, M Gigou, E Dussaix, D Samuel, C Féray Compartmentalization of hepatitis C virus genotypes between plasma and peripheral blood mononuclear cells. J Virol 2005; 79:6349-57.
     
  • G Di Liberto, AM Roque-Afonso, R Kara, D Ducoulombier, G Fallot, P Deny, P Marcellin, D Samuel, C Feray. Clinical and therapeutic aspects of patients with mixed infection by lymphotropic variants of hepatitis C virus. Gastroenterology. 2006; 131:76-84.
     
  • JC Duclos-Vallée, C Feray, M Sebagh, E Teicher, AM Roque-Afonso, B Roche, D Azoulay, R Adam, H Bismuth, D Castaing, D Vittecoq, D Samuel and the THEVIC study group. Impact of HIV Status on Survival and Recurrence of Hepatitis C after Liver Transplantation in HIV-HCV Co-infected Patients. Hepatology 2008; 47:407-417.
     
  • S. Battaglia, N. Benzoubir, S. Nobilet, P. Charneau, D. Samuel, AL. Zignego, A. Atfi, C. Bréchot, MF. Bourgeade: Liver cancer-derived Hepatitis C virus core proteins shift TGF-β from tumor suppression to Epithelial-mesenchymal transition Plos ONE 2009 ;4(2):e4355